S'inscrire gratuitement
Prendre rendez-vous

Quand aller chercher des financements ?

Par Pierre-Edouard Juin on 14 nov. 2017 12:09:55

Dans Gestion, Finance

Si 29% [1] des startups échouent faute de liquidités cela montre que ne plus avoir d’argent est un problème. A l’opposé, avoir trop d’argent et trop vite n’est pas gage de réussite non plus.

 
S'inscrire gratuitement   Prendre rendez-vous

Une chose est certaine, le jour où vous n’avez plus d’argent, aucun organisme ne vous financera. Il est donc primordial d’y penser à l’avance.

Nous voyons souvent, des personnes qui ont investi plusieurs k€ dans leur entreprise, qui l’ont développée sans jamais chercher d’autres financements et qui viennent nous voir quand ils n’ont plus rien. Nous nous retrouvons face à des entreprises qui ont un projet déjà bien abouti mais qui se retrouvent bloquées. Le développement de l’entreprise ralentit alors que les projets sont viables et qu’ils ont du potentiel. Ne soyons pas trop alarmiste, certains arrivent à s’en sortir mais c’est tout de même plus simple de prévoir, surtout maintenant que vous êtes prévenus!

Si le bon timing permet à l’entreprise d’avoir du cash au bon moment, il permet également d’éviter les problèmes de dilution. Des fondateurs qui vont chercher des fonds auprès de VCs au mauvais moment - surtout trop tôt – risque de voir leurs participations diluées avec des clauses défavorables (ratchet, etc...).

 

 

Comment définir le bon moment ?

Le bon moment se définit par plusieurs critères. Le premier, qui conditionnera un grand nombre d’aides, est les fonds propres. En effet, les aides sont souvent limités aux fonds propres donc plus ils sont élevés plus vous trouverez de financement. Pour faire simple, plus vous avez des ressources, plus vous bénéficierez d’un effet de levier non dilutif. En moyenne, pour 1€ de fonds propres, il est possible d’obtenir  entre 0,5 et 1€ de financement.

Le bon moment dépend également de la maturité de votre entreprise et de ses besoins en financement. Cela s’explique par le fait que les aides peuvent avoir des critères précis (date de création de l’entreprise, de nombre de salariés, de chiffre d’affaires, etc). Par exemple, pour être éligible à la Bourse French Tech, il ne faut pas que l’entreprise ait été créée depuis plus d’un an et à contrario, pour le PTZI, il faut que l’entreprise ait été créée il y a plus de trois ans.

 

Un financement à deux bosses

En général, le financement d’une startup peut s’illustrer à l’aide d’un chameau. C’est un animal qui a deux bosses et un creux – jusque-là tout va bien – transposons ces caractéristiques à une startup. Cela donne deux moments où vous avez du cash et un – long – creux entre les deux. (Bon ok, le schéma ne ressemble pas tellement à un chameau, mais vous n'êtes pas là pour le dessin! Si c'est le cas on vous prie de nous excuser ;) )

Capture d’écran 2017-09-19 à 15.57.56.png
Figure 1 : Schéma inspiré de la « chaine » du financement au cours des étapes de la vie de l’entreprise innovante. Olivier Ezratty, Guides des Startups High-Tech en France.

La première bosse correspond à la partie gauche de la chaine de financement soit la R&D, la Naissance et la Survie. Vous allez obtenir des fonds pour votre idée, et le début de sa mise en place. Vous pourrez lever jusqu’à quelques millions d’euros en fonction du type de projet par le biais de concours, prêts d’honneurs, BA ou même VC en capital amorçage.

Le creux correspond aux premiers succès et au décollage. Vous avez déjà eu des financements mais maintenant il faut prouver que votre entreprise va se développer. Il sera plus difficile de lever des fonds à ce moment-là.

La deuxième bosse correspond à la suite du décollage et à la maturité. Vous avez démontré que votre entreprise se développe, le nombre de clients augmente, le chiffre d’affaires croit, etc...Vous pourrez alors vous tourner vers le capital développement voire les marchés financiers pour vous financer.

 

À présent que vous avez compris l'importance d'aller chercher les financements adaptés, et ce tant que vous avez des fonds propres, illustrons nos propos.

X décide de créer son entreprise. Avec le deuxième fondateur, Y, ils décident de mettre chacun 10k€, soit 20k€ de fonds propres. Ce premier apport va leur permettre de de développer leur projet, de faire de la recherche & développement mais comme vous l’avez compris, ça va surtout leur permettre de lever plus d’argent.

 

La première bosse

  1. Après la création, X et Y vont aller voir les organismes qui font des prêts d’honneurs (Réseau initiativeRéseau Entreprendre) pour renforcer leurs fonds propres et être accompagnés car c’est la première fois qu’ils entreprennent. X et Y obtiennent 20k€ en prêt d’honneur.
  2. Une fois que les fonds propres ont augmentés, X et Y vont se renseigner sur les aides BPI de premier rang (Bourse French Tech, Innovup, etc...). Cela permettra de financer la suite du développement du projet sur un programme d’un an. X et Y obtiennent 30k€ d’Innovup.
  3. Maintenant X et Y sont lancés mais ils commencent à embaucher, à avoir des frais de marketing, ventes, etc... qui ne sont pas pris en charge par les aides précédentes. Il est donc temps d’aller chercher de l’argent auprès de business angels et des fonds de capital amorçage (mais attention aux clauses et à la dilution).

C’est le creux

Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis le début du projet, l’entreprise commence à décoller et faire du chiffre d’affaires. En revanche, son besoin de financement n’a jamais été aussi important pour pouvoir continuer à se développer. Ces fonds propres sont élevés mais il faut maintenant accélérer et consolider le développement de l’entreprise. X et Y peuvent prétendre à certaines aides BPI et crédits d’impôts mais il sera difficile de convaincre des investisseurs.

 

La deuxième bosse

La traction commerciale de l’entreprise X et Y est de plus en plus importante, le chiffre d’affaires décolle. Ils veulent partir à l’étranger pour continuer à se développer. X et Y vont retourner chercher des investisseurs et ils pourront être éligibles à des aides à l’export (COFACE: AP, A3P, etc.) et aux crédits d’impôts (CII, CIR, CIMA, etc.).

 

On ne prête qu’aux riches, et les entreprises n’y échappent pas !

 Vous l’aurez compris, le financement se prévoit à l’avance. Pensez donc à prévoir une roadmap de financements (publics et privés) dès la création de votre entreprise. Garder cependant en tête que le cycle de financement d’une entreprise varie en fonction de son activité, de sa rapidité de développement, etc. Le cycle de financement peut donc être plus ou moins étalé mais on retrouve globalement le même schéma.

Et si vous avez besoin de conseil, notre équipe est là pour vous accompagner!

 S'inscrire gratuitement Prendre rendez-vous

 

[1] Etude CBinsight basée sur 166 startups qui ont échoué.