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ICO: effet de mode ou réelle tendance?

Par Lucas Delimard on 6 avr. 2018 17:56:06

Dans Finance

Bitcoin, Ethereum, Ripple...les cryptomonnaies ont fait parler d'elles en fin d'année 2017, et même si pour la plupart elles n'ont rien de neuf sauf l'intérêt du grand public, ce qui retient notre attention aujourd'hui ce sont les ICO (Initial Coin Offering), une manière de lever des fonds qui prend de l'ampleur. 

Une ICO c'est quoi concrètement?

Vous connaissiez déjà l'IPO (Initial Public Offering) qui est l'acronyme anglais désignant un introduction en bourse, et nous voilà maintenant avec l'ICO. Créée à partir du protocole blockchain, l'ICO a pour vocation de permettre l'émission de tokens (jeton en français) en échange de cryptomonnaies ou de monnaies fiduciaires. Jusque-là le fonctionnement est assez similaire à celui d'une introduction en bourse les actions étant remplacée par les tokens. Toutefois les tokens en question ne donnent pas systématiquement droit à des parts dans l'entreprise. La plupart du temps même, ils donnent accès à un droit d'usage du service, en quelque sorte une forme de pré-paiement pour les services/produits futurs. 

À l'instar des actions en bourse ces tokens sont échangeables sur un marché à des taux dépendants de l'offre et de la demande. D'ailleurs l'organisation émettrice de tokens à l'origine de l'ICO s'engage préalablement à émettre des tokens en quantité définie et limitée, cela rendant donc ces actifs numériques très liquides. 

Il peut exister différents types de tokens, voilà les principaux et leurs caractéristiques:

TabTokens

Source: PwC Strategy& analysis (1)

Un peu d'histoire:

Historiquement, la levée de Mastercoins (anciennement Omni Layer) est officiellement reconnue comme la première ICO a avoir été opérée, nous étions alors en 2013. L'année suivante le projet Ethereum a levé 18 millions de dollars en émettant des jetons d'une nouvelle cryptomonnaie, l'Ether, aujourd'hui connus pour être la 2ème derrière le Bitcoin en terme de valorisation. 

Jusqu'à l'orée de l'année 2017, le phénomène des ICO était encore assez marginal, mais depuis le mouvement a pris un vrai tournant et semble s'imposer comme une alternative concrète et sérieuse pour le financement de projets entrepreneuriaux. En effet, durant l'année dernière 200 ICOs ont été enregistrées (contre seulement 50 en 2016) pour 3 milliards d'euros de levée. 

Quels avantages? 

Tout d'abord cela permet de démocratiser l'accès aux financements des entreprises jusque-là réservé aux marchés boursiers, tout détenteur de cryptomonnaies pouvant participer à un projet qu'il juge prometteur. Ensuite pour les entreprises qui lèvent en ICO c'est un moyen de lever des fonds en non-dilutif ce qui leur permet de s'affranchir des contraintes de la levée en capital-risque. Enfin, l'acquéreur de tokens ayant tout intérêt à ce que ces derniers prennent de la valeur, il va de manière naturelle se constituer en "early-adopter" ou ambassadeur du projet et tâcher de contribuer à sa réussite, ce qui y confère un côté incitatif et communautaire non négligeable pour un projet en amorçage. 

Un modèle controversé?

Un modèle nouveau n'arrive jamais sans soulever de nombreuses questions et des inquiétudes. Pour l'ICO ce qui paraît évident c'est que la réussite du projet n'est pas assurée et que la valeur du token n'est pas encadrée, ce qui peut donner lieu à des dérives et ce qui soulève les mêmes problèmes que le crowdfunding à ses débuts. En outre, les ICOs sont souvent pointées du doigt pour les tendances à la spéculation qu'elles déclenchent, à quoi s'ajoutent la volatilité des cours des cryptomonnaies qui peut être préjudiciable pour les porteurs de projets. 

Vers un modèle hybride?

Afin d'y voir plus clair et de dégager les avantages et inconvénients des différents schémas de levée de fonds, voilà un tableau récapitulatif: 

 Tableau IPOvsICO-1Source: PwC Strategy& analysis (1)

Ainsi, si  l'ICO "pure" ne semble pas pouvoir s'imposer tout de suite comme la nouvelle norme en terme de levée de fonds, notamment à cause des problèmes de cadre légal et de transparence que nous évoquions précédemment,  il n'est pas à exclure que les porteurs de projets soient amenés à privilégier un modèle hybride, mêlant financement en capital-risque traditionnel et ICO. 

En mars 2018, le ministère de l'économie français a annoncé vouloir faire de Paris la "capitale des ICO", en tâchant de poser un cadre légal souple et adapté, notamment via la loi Pacte qui sera discutée à la mi-avril. Si vous êtes porteur d'un projet entrepreneurial ou à la tête d'une entreprise et en recherche de financements et que vous voulez en savoir plus inscrivez-vous gratuitement ou prenez rendez-vous ci-dessous. 

 

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Source : (1)https://cryptovalley.swiss/wp-content/uploads/20171221_PwC-S-CVA-ICO-Report_December_final.pdf